
L’adoption de la révision constitutionnelle le samedi 15 novembre 2025 par l’Assemblée nationale modifie la durée des mandats, la portant à sept ans, renouvelable une fois. Cette réforme impacte la vie politique béninoise et la stratégie des forces politiques, notamment celle du parti Les Démocrates.
Une conséquence directe de cette réforme réside dans l’articulation des échéances électorales. En raison de la crise interne et la mal organisation du principal parti d’opposition, Les Démocrates ne pourraient pas participer aux élections couplées de 2026. Cette situation les écartera mécaniquement de l’élection présidentielle de 2033, faute de parrainages suffisants, comme cela a été le cas cette année.
Ainsi, la prochaine opportunité électorale pour le parti ne se présentera qu’en 2040, selon les règles en vigueur. Ce nouveau calendrier place Les Démocrates devant plusieurs scénarios. Le parti pourrait opter pour un rôle d’opposition structurelle, une posture qui comporte un risque d’érosion politique. Une alternative serait un rapprochement tactique avec la majorité présidentielle pour maintenir une influence politique.
La création récente du Sénat, co-institution de l’Assemblée nationale, ajoute à cette équation stratégique : rester en marge de cette instance signifierait renoncer à un levier d’influence pour les sept, voire quatorze prochaines années. Cette révision constitutionnelle impose donc aux Démocrates une recomposition stratégique. Les options de dissolution, de ralliement ou de résistance structurelle représentent un choix déterminant pour l’avenir du parti et sa capacité à briguer, à terme, la magistrature suprême.
Fiacre Kéface DAKODOUI