
Dans de nombreuses villes, la restauration de rue représente une source importante d’alimentation pour les populations. Mais à quel prix ? Ce mode d’alimentation expose souvent les consommateurs à des risques sanitaires graves, du fait de mauvaises pratiques d’hygiène adoptées par certaines vendeuses. Cet article dresse un état des lieux, analyse les conséquences et propose des solutions concrètes pour un changement durable.
✍🏼 Fiacre Kéface DAKODOUI (Stg)
L’hygiène des dames vendeuses, un facteur important dans la santé des citoyens. Les mauvaises habitudes dûment observées inquiètent certains spécialistes de nutrition face aux dangers que cela pourrait avoir sur le bien-être des consommateurs. Entre hygiène, économie, santé, c’est tout un dilemme.
Les habitudes insalubres qui persistent, une réalité quotidienne
Dans le tumulte des marchés, des carrefours et des abords de routes, les vendeuses de mets improvisent parfois des cuisines à ciel ouvert. Entre récipients à découvert, mains nues, absence d’eau courante ou de matériel de protection, les mauvaises pratiques sont nombreuses et banalisées. Issues souvent d’un manque d’information ou de moyens, elles deviennent une routine dangereuse, ignorée du regard des consommateurs. Selon un citoyen de la ville de Parakou ayant requis l’anonymat, certaines vendeuses ne s’entretiennent pas, exposent les nourritures à l’air libre, ne prennent pas soin des assiettes et autres. À l’en croire certaines sont rattachées à leur gain qu’à la santé publique.
La version de certaines dames sur leur hygiène en tant que vendeuse
Puisque c’est d’elles qu’il s’agit, certaines femmes vendeuses donnent leur version des faits. Saka Actchana, vendeuse devant un centre de santé de Parakou, évoque ses précautions prises pour assurer une bonne hygiène. La protection des aliments, la fermeture des glacières après chaque vente, le lavage des plats, changement de l’eau de vaisselle une fois sale sont quant à elle les dispositions prises pour assurer une bonne hygiène à sa clientèle. «J’ai reçu une autorisation, j’ai ma blouse et je fais tout possible pour maintenir la propreté puisque la santé des patients en dépend » a-t-elle ajouté. Puisque nulle n’est parfaite, elle confirme avoir parfois des failles à propos de l’hygiène, ce qui s’observe chez plusieurs autres. Ces mauvaises habitudes parfois observées chez certaines et presque toujours chez d’autres n’est pas sans causes.
Causes de cette mauvaise habitude d’hygiène chez ces bonnes dames.
Puisqu’il n’y a pas d’effet sans cause, le manque d’hygiène observée chez les bonnes dames vendeuses tire leurs origines de plusieurs facteurs. Selon Augustin Gangbedji, infirmier diplômé d’Etat, plusieurs facteurs expliquent le manque d’hygiène chez certaines vendeuses. «Elles s’expliquent par le manque d’accès à l’eau potable, faible niveau d’éducation, l’ignorance, la négligence d’une part et le manque de sensibilisation d’autres part» a-t-il laissé entendre. Ces manques et insuffisances induisant ces dames dans la mauvaise pratique hygiénique laisse des conséquences sur la vie de la population consommatrice de ces repas.
Une consommation populaire, un danger silencieux pour les clients
À Parakou, ville vitrine du Nord du Bénin, les pratiques alimentaires dans les rues sont monnaie courante. Les interviews réalisées révèlent une contradiction entre la conscience des vendeuses sur les règles d’hygiène, et leur incapacité à les appliquer, faute de moyens ou de suivi. Cette section présente les témoignages et quelques réalités du terrain. Ces pratiques et habitudes exposent, quant à Augustin Gangbedji, la population à plusieurs dangers. «La population coûte derrière le risque de contamination et de maladie en consommant les nourritures de ces vendeuses. Parmi celles-ci nous pouvons énumérer l’hépatite A,B,et C, la fièvre typhoïde, les parasitoses intestinales, les maladies diarrhéiques et bien d’autres » a-t-il fait savoir.
Des solutions concrètes pour une alimentation de rue plus saine
Si les défis sont grands, des pistes de solutions existent. De la formation à l’hygiène en passant par un meilleur encadrement municipal, jusqu’à la sensibilisation des clients eux-mêmes, un changement de comportement est possible. Il s’agit d’un enjeu de santé publique qui appelle une réponse collective, structurée et durable. «Les campagnes de sensibilisation, la formation des vendeuses, la distribution de matériel d’hygiène, le renforcement des contrôles sanitaires, les visites médicales périodiques des vendeuses et la vaccination contre les maladies évitables pourrait réduire et même faire disparaître ces pratiques » a ressorti Augustin Gangbedji. Quant à Abdoul Amine Tiamiou, il faut encourager les dames vendeuses à maintenir une bonne hygiène personnelle et à utiliser des équipements de protection individuelle sans oublier de collaborer avec les autorités locales pour améliorer les conditions sanitaires dans les zones où les dames vendeuses opèrent.
La santé des citoyens, bien précieuse qu’elle soit semble être menacée par les mauvaises pratiques des vendeuses. Ces dames doivent désormais prendre les mesures nécessaires pour lutter contre cette pratique qui s’accroit. Ensemble, chacun doit apporter sa modeste contribution pour la préservation de la santé des citoyens.