
L’Université de Parakou (Up) a abrité, ce mardi 2 novembre 2025, le lancement des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. L’initiative a été lancée autour du thème : « Les adolescent·es et jeunes face aux Violences Basées sur le Genre (VBG) facilitées par la technologie ». Étaient présentes plusieurs autorités, à l’instar du vice-recteur chargé des affaires académiques, Thierry ADOUKONOU ; du directeur du Cous-P, Abdou-Raouf CESSI SIDI ; du coordonnateur du bureau décentralisé du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) de Parakou, Pierre TOGBE ; ainsi que des participants issus de diverses associations estudiantines
Fiacre Kéface DAKODOUI
C’est parti pour 16 jours à l’Up. La lutte contre les VBG prend son envol.

Dès sa prise de parole, Pierre Togbe a indiqué que les technologies qui transforment l’apprentissage et la création favorisent aussi le cyberharcèlement, le chantage en ligne, la diffusion non consentie d’images intimes, l’usurpation d’identité et l’espionnage numérique. Selon lui, ces actes virtuels causent des blessures psychologiques profondes, détruisent la confiance, perturbent les études et fragilisent l’estime de soi, touchant principalement les adolescentes et les jeunes femmes. Face à ces conséquences, amplifiées par l’intelligence artificielle, il a lancé un appel fort : « Parents et enseignants, ouvrez le dialogue ; universités, renforcez les systèmes de signalement et les sanctions ; plateformes, assumez vos responsabilités ; jeunes hommes, devenez des alliés ». S’adressant aux étudiants présents, il a souligné que le campus est un espace d’énergie et d’innovation. « Par cette marche et ce panel, vous brisez le silence et affirmez que la violence n’est ni une fatalité ni une norme ; le numérique est un espace d’énergie, pas une jungle », a-t-il ajouté.

Dans son intervention, le Vice-recteur Thierry Adoukonou a souligné l’incompatibilité des Vbg avec un lieu de savoir et d’émancipation, car elles portent atteinte à la dignité, à l’intégrité et aux droits des étudiants et du personnel. L’Université s’engage plus loin à travers la marche, suivie de panels et de projections, vise à briser le silence, à sensibiliser aux conséquences, et à renforcer la prévention et la prise en charge. « Marchez, débattez, et faites des campus des modèles de respect, d’éthique et d’équité ; non aux violences, oui à un avenir inclusif et sûr », a-t-il exhorté.

De son côté, le Directeur du Cous-P, Abdou-Raouf CESSI SIDI a donné un bref aperçu de l’organisation des activités. Selon lui, une marche symbolique, un panel et des projections vidéo seront organisés pour sensibiliser un large public. Il a appelé les étudiants à participer massivement, à s’exprimer et à contribuer à un environnement universitaire plus juste. Il n’a pas manqué de remercier les autorités universitaires pour leur soutien, les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers représentés par les scouts pour leur engagement, l’UNFPA pour son appui constant, et le ministère de l’Enseignement supérieur pour son leadership visionnaire. Au nom de la ministre, il a officiellement lancé la marche.

Après une marche au sein de l’Université pour sensibiliser, un panel, modéré par Kadiri Ogbon, a été observée à la salle 22. Il faut comprendre que les Vbg désignent tout acte préjudiciable contre une personne en raison de son genre, souvent lié à des inégalités sociales et de pouvoir. En milieu universitaire, plusieurs types de harcèlement s’observent, à l’instar du harcèlement sexuel, des agressions physiques, des violences psychologiques, du cyberharcèlement, de l’extorsion et bien d’autres. Ces différentes formes de violence ont des conséquences graves comme les traumatismes psychologiques, échecs scolaires, isolement social, baisse de l’estime de soi, abandon des études, etc. Pour lutter contre les Vbg au Bénin, et en milieu universitaire particulièrement, des lois anti-Vgb ont été renforcées, et des campagnes de sensibilisation nationale, des cellules d’écoute, des formations préventives et des mécanismes de signalement ont été mis en place. Il faut retenir que pour un campus inclusif et sûr, une prise de conscience urgente est nécessaire, afin que l’éducation prime sur la violence.
Florent Chico, participant à la marche et au panel, a exprimé son enthousiasme face à l’engagement croissant des jeunes contre les Vbg en milieu universitaire. Pour lui, chaque étudiant doit pouvoir évoluer dans un cadre sûr, respectueux de ses droits, loin du harcèlement et des violences. En tant qu’activiste, il a appelé à une université sans Vbg, physique ou numérique, tout en insistant sur l’usage responsable des réseaux sociaux, sources fréquentes de violences numériques.
Cette marche et ce panel ont permis de sensibiliser une majorité d’étudiants, qui pourront à leur tour informer les autres. Cette dynamique vise à réduire les Vbg et à favoriser un meilleur cadre d’études pour tous.