
Le développement économique et social d’un pays repose sur plusieurs piliers, et l’énergie en constitue l’un des plus stratégiques. C’est exactement cela qu’a compris le journal L’ŒIL du Bénin en allant à la rencontre d’une ingénieure du domaine, Faridath Naro Assouma. L’entretien a porté sur le thème « l’énergie au cœur du développement accéléré du Bénin : les grands acquis du régime de la rupture ». Cette interview a permis à Faridath Naro Assouma de faire un zoom et de comprendre les réformes effectuées, leurs résultats et les défis à relever par le gouvernement Talon dans le secteur de l’énergie.
✍🏼 Fiacre Kéface DAKODOUI,
L’Œil du Bénin : Présentez-vous s’il vous plaît.
Faridath NARO ASSOUMA (FNA): Je suis Faridath Naro Assouma, Ingénieure en énergie, acteur politique.
L’Œil du Bénin : Chère invitée, que représente l’énergie dans le processus de développement économique et social d’un pays comme le nôtre ?
FNA : Déjà pour un pays comme le nôtre, en pleine expansion industrielle et dans un contexte où l’amélioration des conditions de vie de nos populations est un objectif gouvernemental principal, l’énergie constitue un moteur essentiel sans laquelle aucune action ou stratégie ne peut prospérer. Elle permet non seulement d’alimenter les industries et entreprises mais également de fournir de l’électricité pour les maisons, l’éducation, la santé, la communication, le transport et bien d’autres. Un accès fiable à l’énergie stimule la croissance économique, crée des emplois, favorise l’innovation et garantit le bien-être des populations.
L’Œil du Bénin : Quels étaient les principaux défis énergétiques du Bénin avant l’avènement du régime de la rupture en 2016 ?
FNA : Avant 2016, le Bénin faisait face à plusieurs défis énergétiques dont un accès limité à l’électricité, une dépendance aux importations d’énergie, des infrastructures de transport et distribution d’électricité insuffisantes et vétustes, ainsi que des délestages de longue durée et assez fréquents. Cela a entravé le développement industriel et affecté la vie quotidienne des citoyens.
L’Œil du Bénin : Quels sont les grands projets énergétiques réalisés ou initiés sous le régime de la rupture ?
FNA : Sous notre régime actuel de la rupture, les résultats dans le secteur énergétique sont assez flagrants et visibles. Entre autres, la réforme et la restructuration du secteur de l’énergie, la construction de la centrale électrique thermique de Maria-Gléta qui produit 127 Mw, la construction à Pobè d’une centrale solaire de 75 MWc en trois phases, le renforcement des capacités d’importation d’énergie du pays, la modernisation du réseau électrique, sa densification et extension en milieu urbain et périurbain, l’extension du réseau électrique dans les zones rurales avec un objectif d’accès 100% à l’énergie en 2030. Le renforcement des partenariats privés et la réforme de la Sbee pour répondre aux besoins d’énergie sur le plan national.
L’Œil du Bénin : Comment évaluez-vous l’impact de ces projets sur l’accès des populations à l’électricité en zone urbaine et rurale ?
FNA : Sans vouloir m’aventurer dans les chiffres, ces projets ont eu un impact très positif, augmentant l’accès à l’électricité tant en zones urbaines qu’en zones rurales. En milieu urbain, les centrales électriques et les infrastructures modernisées ont amélioré la fiabilité de l’approvisionnement électrique permettant à notre pays de revendiquer fièrement son autonomie énergétique. En milieu rural, l’extension du réseau et les systèmes autonomes ont permis à de nombreuses communautés de disposer d’électricité pour la première fois, facilitant l’éducation, les soins, l’agriculture, l’adduction d’eau potable, la technologie, les activités génératrices de revenu,… À tout cela s’ajoute la sécurité des biens et des personnes grâce à l’éclairage public dans toutes les localités.
L’Œil du Bénin : Quelles sont les principales réformes institutionnelles et réglementaires mises en place pour renforcer le secteur énergétique ?
FNA : En plus des réformes énoncées plus haut, plusieurs autres ont été mises en œuvre, notamment l’opérationnalisation d’une autorité régulatrice indépendante, l’adoption de lois favorisant les investissements privés, et l’amélioration des mécanismes de tarification pour garantir la viabilité financière des services énergétiques, la création de la SBPE. Ces réformes ont permis de rendre le secteur plus transparent et compétitif.
L’Œil du Bénin : L’indépendance énergétique du Bénin est-elle désormais une réalité ou un objectif en cours de réalisation ?
FNA : L’indépendance énergétique aujourd’hui est clairement une réalité avec la concrétisation de la vision qui est de garantir l’électricité en quantité, en qualité et à coût optimal aux populations. Des progrès significatifs ont été faits et des dispositions sont en train d’être prises pour diversifier nos sources de production afin de pouvoir répondre aux exigences de la nation.
L’Œil du Bénin : Malgré les réussites du gouvernement de la rupture, quels sont les défis auxquels le secteur de l’énergie est confronté ?
FNA : Malgré les avancées, comme dans tout pays, des défis subsistent. Entre autre, l’accès facile à l’électricité pour réduire les disparités, l’augmentation de la demande avec un besoin d’accroître encore plus les capacités de production, la transition énergétique en intégrant d’autres sources, l’amélioration du réseau électrique national par les infrastructures de transport et distribution d’électricité,…Toutefois, ces défis restent mineurs par rapport aux grands acquis déjà réalisés.
L’Œil du Bénin : Qu’en est-il des énergies renouvelables ?
FNA : En ce qui concerne les énergies renouvelables au Benin, il n’existe que l’énergie solaire et hydroélectrique pour l’électricité et la biomasse pour la cuisson. Elles ont commencé par jouer un rôle croissant dans le mix énergétique du pays et le gouvernement a d’ailleurs mis en place des politiques pour encourager leur développement.
L’Œil du Bénin : À votre avis, le régime de la rupture a-t-il réussi à transformer durablement le secteur énergétique du Bénin ?
FNA : Bien évidemment et ceci n’est plus à démontrer. Cependant, la durabilité de ces transformations dépendra de l’engagement continu des acteurs privés et publics à soutenir la croissance et l’innovation dans ce secteur.
L’Œil du Bénin : Vous êtes acteur politique de la 8em CE, que représente pour vous l’investiture du duo Romuald Wadagni-Mariam Chabi Talata dans la cité des Kobourou ?
FNA : Le choix de la ville de Parakou pourrait être perçu comme l’annonce de très bonnes nouvelles pour le futur. Cela pourrait présager que Parakou sera en priorité des localités à prendre en compte dans le prochain plan d’action gouvernemental. Mais surtout, je crois qu’il s’agit d’une marque d’honneur envers tout le Nord et la preuve du grand amour et de la considération que le Chef d’état et le duo de candidats portent pour nous. Politiquement pour moi, cela implique désormais l’hégémonie de la mouvance sur tout autre parti du Nord prétendu populaire.
L’Œil du Bénin : Avez-vous encore un mot à dire ?
FNA : Je ne peux que vous remercier pour ces sujets intéressants et inviter les lecteurs à continuer d’œuvrer pour le développement accéléré de notre pays.