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À l’occasion de la fête du 1er août 2026, le Président Béninois Romuald Wadagni a accordé la grâce présidentielle à 369 prisonniers issus des diverses juridictions du pays. Alors que le successeur de l’ancien président Patrice Talon a pris le pouvoir après 10 ans de règne sous fond de tensions socio-politiques, il a posé les pas rassurants pour le dégèl de la décrispation du climat socio-politique ? Si l’acte qui sanctifie son intention est salvateur, doit-il s’arrêter en si bon chemin ?
Sébastien DOFFA
Le Président Béninois a saisi la première grosse occasion qui s’offre à lui pour sonner le glas du dégèl de la tension socio-politique. Ainsi, Romuald Wadagni a accordé la grâce présidentielle à 369 prisonniers à l’occasion de la célébration du 66 ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale. Par cette première mesure de clémence décrètée en faveur de ses compatriotes, le successeur de Patrice Talon laisse plus qu’un simple souvenir de fête dans la mémoire collective. Le premier magistrat du pays joint l’acte à la parole quant à l’œuvre de construction de l’unité et de la cohésion sociale, du vivre-ensemble d’un pays connu sur les deux premières décennies de son renouveau démocratique pour son statut d’ilôt de paix.
Pour une gouvernance apaisée, conformément à ses engagements pris lors de la campagne électorale, le Chef de l’État pouvait-il ne peut en venir à cette mesure faisant partie de ses prérogatives constitutionnelles ? Vraisemblablement, cette première grâce présidentielle en vaut tout son pesant d’or, à juste titre. Les dix ans de règne du chantre du Nouveau départ et de la rupture ont connu des soubresauts sur le plan socio-politique. Des dizaines de compatriotes ont perdu leur liberté suite à leurs ennuis judiciaires. Que ce soit sous son premier mandat ou son second, certains pour leur opinion politique; d’autres pour leurs ambitions politiques; d’autres encore ont fait les frais de leur liberté d’expression. Ayant accédé au pouvoir dans un tel contexte, n’était-il pas de bonne guerre d’amorcer réellement la décrispation du climat socio-politique ?
À notre humble avis, l’actuel locataire de la Marina a vu juste et au bon moment. Les exemples pour corroborer notre avis sont légion. Romuald Wadagni marque visiblement une ligne de rupture avec le régime défunt de Patrice Talon pour une gouvernance à l’écoute du peuple. Mieux, il montre à suffisance son réalisme, loin des discours creux connus sous d’autres cieux, bien conscient que le Bénin ne peut se mettre véritablement sur les rails du développement que par l’effort conjugué de tous ses fils.
Ni plus ni moins, le Président Romuald Wadagni a posé sous ce chapitre des premiers pas rassurants. Mais devrait-il s’en arrêter là ? Ne serait-il pas encore bien vu de sa part de continuer dans cette logique ? Au-delà des concitoyens qui ont recouvré leur liberté grâce à cette grâce présidentielle, Wadagni doit penser, d’une part, à d’autres prisonniers tels que Joël Aïvo, Récckya Madougou et consorts. D’autre part, le retour des exilés politiques doit être son prochain cheval de bataille. Aux grands maux, les grands remèdes, dit l’adage. C’est à ce prix et rien qu’à ce prix qu’il sera le véritable continuateur de l’oeuvre de développement commune entamée par ses pairs, pour rester collé à sa prestation de serment du 24 mai 2026.
Sans être dans le secret des dieux, cette première grâce présidentielle annonce les couleurs d’un septennat résolument tourné sur une nouvelle page, celle de la réconciliation nationale. Les faits parlent déjà d’eux-mêmes.