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Au Bénin, la rentrée scolaire finit pour certains apprenants soit en beauté, soit sur une note douloureuse. Beaucoup d’entre les élèves qui échouent ont du mal à digérer leur échec du fait qu’ils voient un rêve brisé. Ainsi, quel est leur état d’âme ?
Odette Mahoussi KAKA (Stg)
Une année perdue, un rêve étranglé ! C’est pourtant la situation que traversent certains élèves. Loin de travailler, c’est devenu une habitude coutumière pour eux. Dès la rentrée scolaire, plusieurs parents, enseignants élaborent un contrat académique avec leurs enfants sous une condition, celle de passer en classe supérieure pour recevoir un présent. Pour ces élèves, elles représentent la prunelle de leurs yeux. Malheureusement, en cas d’échec on note le découragement et même la désolation de part et d’autre.
Parmi un groupe d’élèves surpris en pleine conversation au quartier Banikanni à Parakou, on pouvait entendre « ça me fait mal d’échouer, Papa m’a promis une moto électrique et si je dois la prendre l’année prochaine, ça peut n’être plus à la mode. J’ai mal ». Même son de cloche pour Bienvenu qui a échoué en classe de 4 ème et perd la moto que son père lui a promis. Les propos de ces collégiens qui ont échoué en 5ème et en 4 ème sont loin d’être un cas isolé. D’après les témoignages de Fadou Tchanagba, enseignant de français, il y a un parent d’élève qui a promis à son enfant de lui compléter le déjeuner allant de 150F cfa à 200F cfa s’il remplit sa part du contrat.
Au-delà du simple regret pour avoir manqué une promesse des parents, il y a parmi les victimes ceux qui ne verront même plus les portes de l’école. C’est ce qu’a vécu un apprenant dont le parent a mis fin à sa scolarité en le mettant en apprentissage, selon le témoignage d’un professeur de français rencontré. Du même témoignage, ledit parent a promis à son enfant qu’il poursuivra les cours s’il réussit à chaque fois le passage en classe supérieur.
Quand la condition de la promesse n’est pas remplie, nul n’est dans l’allégresse. Victime une fois, V.M a confié « la première fois que j’ai redoublé, c’était en classe de seconde. Mon plus grand rêve c’était d’avoir mon Bac dans mes dix-huitièmes années. J’avais fait la promesse à mon père et à certains proches de ne jamais doubler et d’avoir mon Bac dans mes dix-huit ans et eux à leur tour m’ont fait pleines de promesses en retour». À l’entendre, la réussite n’est pas une qualité. «Lorsque j’ai redoublé certains m’ont conseillé, que ce n’est pas la fin du monde d’essayer encore. Et d’autres m’ont dit que je n’ai pas respecté la part de ma promesse, donc eux aussi ne vont pas respecter la leur. Mais celle de mon père n’a pas changé. « Si tu as ton Bac, tu auras telle chose avec moi. Ça là, n’a pas changé », a-t-elle conclu.
Les parents et tout meneur de cette pratique ont pour objectif de veiller à l’accomplissement de leur condition vis-à-vis de l’enfant. Faire une promesse à son enfant, c’est l’amener à remplir sa part du marché. Au- delà, à se concentrer plus sur son évolution académique. Au tréfonds des élèves seule demeure la conjonction de condition « si » qui se repose sur les promesses et la réalité. L’intention n’est pas mal c’est la compréhension qui fait défaut.