
La tension est montée d’un cran à Matéri, dans le département de l’Atacora. Les relais communautaires de la commune ont annoncé leur démission en bloc pour protester contre la révocation de leur responsable communal, Kassa G. Rodrigue, décidée par l’autorité préfectorale. La déclaration officielle a été faite le lundi 15 septembre 2025.
Dans une note de service datée du 10 septembre 2025, la préfète de l’Atacora, Déré Lydie Martine Chabi Nah, a retiré Kassa G. Rodrigue de la liste des relais communautaires de la grappe de ménage 02/MAT03/NAGA/199-396. Le document signé par l’autorité préfectorale évoque une « faute grave dans l’exercice de ses fonctions », sans autre précision. Le même jour, il a été remplacé, à travers la note de service nº2/PDA/2025D/1604/SGD/SA, par son premier suppléant, Sambieni Yanmandounkoua.
Un motif jugé flou par ses collègues
Cette décision, jugée arbitraire par ses pairs, a provoqué une vive indignation au sein du groupe. « Quel crime avons-nous commis pour mériter de telles sanctions ?» s’interrogent-ils, tout en désapprouvant la décision de l’autorité préfectorale. « Nous exprimons notre désaccord face à cette destitution intervenue sans avertissement préalable », ajoutent-ils. Selon les informations recueillies par les relais en dehors de la note officielle, cette révocation serait liée aux revendications menées ces derniers mois pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Ils ont rappelé par ailleurs qu’ils exercent depuis avril 2025 sans aucune motivation financière.
Une démission en bloc
En signe de solidarité avec leur responsable et pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’injustice, les relais communautaires de Matéri ont décidé de quitter collectivement leurs fonctions. « Aucune activité des relais communautaires titulaires ne sera possible à Matéri tant que notre responsable communal ne sera pas rétabli dans ses fonctions», ont-ils notifié au maire de la commune. Cette décision est lourde de conséquences, leur mission étant incontournable pour la mise en œuvre des activités de santé communautaire et de sensibilisation auprès des populations.
Pour l’heure, la Préfecture de l’Atacora n’a pas réagi publiquement à cette démission collective ni apporté de précisions supplémentaires sur les « fautes graves » reprochées à Kassa G. Rodrigue. La situation laisse planer une incertitude sur la continuité des activités de relais communautaires dans la commune de Matéri.
La rédaction