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- Lire l’intégralité de leur lettre ouverte adressée au Président de la République
Deux ans après la fermeture des frontières terrestres avec le Niger et dans un contexte sécuritaire préoccupant aux frontières du Nord, des cadres de l’Atacora ont adressé une lettre ouverte au Président Romuald Wadagni. Au nom des populations et forces vives des départements de l’Atacora, de l’Alibori, du Borgou et de la Donga, ces personnalités saluent “l’audace d’une reconnaissance dans la douleur” et expriment leur gratitude pour la reprise du dialogue diplomatique avec les pays voisins, notamment le Niger et le Burkina Faso.
Signée par le Dr Tchansi Mathieu N’DAH, le Dr Désiré YASSO, M. Sagui KOUSSERE et M. Télesphore NASSIKOU SÉKOU, la correspondance encourage le Chef de l’État à poursuivre ses efforts. Les cadres de l’Atacora plaident pour un renforcement durable de la sécurisation des zones frontalières, condition indispensable pour restaurer la confiance, relancer le commerce, l’agriculture et préserver la cohésion sociale dans toute la région. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de leur lettre ouverte adressée au Président Romuald Wadagni.
La Rédaction
République du Bénin, le 18 juillet 2026
LES POPULATIONS ET FORCES VIVES DU BENIN, EPRIS DE PAIX, DE SECURITE ET DU DIALOGUE
LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE MONSIEUR ROMUALD WADAGNI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BÉNIN
L’AUDACE D’UNE RECONNAISSANCE DANS LA DOULEUR
Excellence Monsieur le Président de la République,
C’est avec un profond sentiment de reconnaissance, d’espérance et de patriotisme que nous, populations et forces vives du Bénin en général et des départements de l’Atacora, de l’Alibori, du Borgou et de la Donga en particulier, prenons la plume pour vous adresser nos sincères remerciements à la suite des initiatives de dialogue entreprises avec les autorités des États voisins en vue de la réouverture des frontières et du renforcement de la coopération sécuritaire.
Depuis plus de deux (02) ans, la fermeture des frontières avec la République du Niger et les difficultés persistantes affectant la frontière avec le Burkina Faso ont profondément marqué la vie de nos populations. Ces situations ont eu des répercussions sur les échanges commerciaux, les activités pastorales, agricoles, le transport, les liens familiaux, ainsi que sur la dynamique économique et sociale de toute cette partie du territoire national.
À ces difficultés s’ajoutent les préoccupations liées à la menace terroriste qui pèse sur notre sous-région, rappelant chaque jour l’impérieuse nécessité de renforcer la coopération entre États frères afin de préserver la paix, la sécurité et la stabilité de nos peuples.
Excellence Monsieur le Président,
Les premiers signaux de reprise et de renforcement du dialogue avec nos voisins suscitent aujourd’hui un immense espoir. Ils traduisent la volonté de privilégier la concertation, la diplomatie, le respect mutuel et la recherche de solutions communes face aux défis qui concernent toute la sous-région.
En choisissant la voie du dialogue, vous rappelez que les frontières ne doivent jamais devenir des barrières définitives entre des peuples unis par l’histoire, la culture, les liens familiaux et les échanges économiques. Vous redonnez également confiance à des milliers de citoyens qui aspirent simplement à vivre, travailler, commercer et circuler dans un climat de paix et de sécurité.
Au nom de toutes les communautés du Bénin et de l’Atacora, de l’Alibori, du Borgou et de la Donga en particulier, qui placent leur confiance dans les vertus du dialogue, nous vous exprimons notre profonde gratitude pour cette démarche empreinte de responsabilité, de sagesse et de vision.
Nous vous encourageons à poursuivre sans relâche les efforts engagés afin que la réouverture effective des frontières s’accompagne d’un renforcement durable de leur sécurisation, dans l’intérêt de nos populations et de toute la sous-région ouest-africaine.
Nous demeurons convaincus que seule une coopération sincère entre les États permettra de relever efficacement les défis communs que sont le terrorisme, la criminalité transfrontalière, les trafics illicites et les difficultés économiques qui affectent nos populations.
Excellence Monsieur le Président,
Soyez rassuré que cette démarche de reconnaissance audacieuse bénéficie du soutien de toutes les communautés du Bénin, attachées aux valeurs de paix, de dialogue, de fraternité et de solidarité entre les nations africaines.
Nos populations savent que la paix ne se construit ni dans l’isolement ni dans la méfiance permanente, mais dans le dialogue, la confiance réciproque, la coopération et la recherche constante de solutions concertées. C’est dans cet esprit que nous formulons le vœu de voir cette dynamique se consolider au bénéfice des générations présentes et futures.
Au-delà des frontières nationales, c’est toute l’Afrique de l’Ouest qui gagnera à renouer durablement avec une coopération fondée sur le respect, la sécurité collective, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le développement partagé.
Recevez donc, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre profonde reconnaissance pour les efforts déjà accomplis ainsi que nos encouragements les plus sincères à poursuivre cette œuvre au service de la paix, de la sécurité et de l’unité de notre sous-région.
Que Dieu bénisse le Bénin.
Que Dieu bénisse l’Afrique de l’Ouest.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président,
l’expression de notre très haute considération.
Les populations du Bénin reconnaissantes,
Pour la paix, la sécurité, le dialogue et l’intégration régionale,
Ont signé
Dr. Tchansi Mathieu N’DAH
Dr. Désiré YASSO
M. Sagui KOUSSERE
M. Télesphore Nassikou SÉKOU