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La prison est généralement perçue comme un lieu où les rêves s’arrêtent et où les projets de vie sont mis entre parenthèses. Pourtant, la remise de diplômes à 171 détenus de la prison civile d’Akpro-Missérété vient remettre en cause cette perception. En obtenant leur Certificat de qualification aux métiers (Cqm), ces pensionnaires démontrent qu’aucune situation, aussi difficile soit-elle, ne peut empêcher une personne déterminée d’apprendre, de progresser et de préparer son avenir.
Cynthia HOUAGA (Stg)
L’incarcération prive le droit à la liberté, mais elle ne condamne pas nécessairement la réalisation des rêves et l’espoir à la vie. C’est ce qu’on peut retenir des résultats issus de l’examen du Certificat de qualification des métiers (Cqm) à la prison civile d’Akpro-Missérité. Pour la session d’octobre 2025, 171 admis sur 173 candidats, soit un taux de réussite de 98,84 %, parmi les détenus. Une preuve que la discipline, la persévérance et la volonté représentent une énergie pour dompter les épreuves de la vie. Pour ces lauréats, Malgré les contraintes liées à la vie carcérale, la réussite est possible. Tout est une question de choix et d’objetif. Ces détenus désormais détenteurs de leur certificat de qualification des métiers ont choisi de consacrer leur temps carcéral à acquérir des compétences en coiffure, couture, menuiserie, soudure ou encore peinture en bâtiment. Ce choix traduit une volonté de ne pas laisser leur peine définir entièrement leur avenir.
Au-delà des diplômes, cette réussite rappelle que chaque individu possède une capacité de changement lorsqu’il bénéficie d’un accompagnement adapté. La prison ne devrait pas être uniquement un lieu de sanction, mais aussi un espace de reconstruction. En offrant une formation professionnelle aux détenus, l’État leur donne les moyens de retrouver une place dans la société après leur libération en vue de réinsertion sociale. Cette démarche contribue également à réduire les risques de récidive, en ouvrant des perspectives d’emploi ou d’auto-emploi.
Cependant, décrocher un diplôme ne garantit pas automatiquement une nouvelle vie. Les anciens détenus devront encore faire face au regard souvent méfiant de la société et aux difficultés d’accès à l’emploi, après leur libération. Sans l’implication des entreprises, des collectivités et de la population, les efforts consentis en prison risquent de perdre une partie de leur portée. La réussite de cette politique dépend donc aussi de la capacité de la société à offrir une seconde chance à ceux qui souhaitent réellement se réinsérer.
L’exemple des 171 lauréats d’Akpro-Missérété rappelle finalement qu’un parcours marqué par l’incarcération ne signifie pas la fin de toute ambition. Derrière les murs d’une prison, il est encore possible d’apprendre, de réussir et de préparer un nouveau départ. Leur parcours montre que la détermination peut survivre au monde des barreaux et que la formation reste l’un des meilleurs outils pour reconstruire une vie.