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Un mois déjà que le nouveau ministre des Enseignements maternel et primaire est aux commandes avec l’avènement du règne du président Romuald Wadagni à la tête du Bénin. Si pour certains Armand Kuyéma Natta a hérité d’un ministère totalement transformé, le successeur de Salimane Karimou poursuit un objectif clair, celui de relever la qualité du système éducatif béninois. Mais sur quels leviers pourra-t-il agir pour relever ce défi ?Et à quel prix ?
L. Sébastien DOFFA
C’est un secret de Polichinelle que le nouveau ministre des Enseignements maternel et primaire a affiché un objectif clair depuis sa prise de fonction. Armand Kuyéma Natta mise au-delà de l’héritage de son prédécesseur et le défi de la qualité du système éducatif béninois. En dix ans, Salimane Karimou a réussi à faire passer le taux des résultats du Cep de 39, 26% en 2016 à 89, 81% en 2025 et 90, 17% en 2026. Un succès d’affilée en dix ans qui marque bon qualitatif dont les chiffres sont nets car le fossé comblé fait plus de 50,91 points en une décennie. D’ailleurs, cette progression n’a guère connu de ligne de rupture. Le Bénin est certes passé du sous-moyenne au dessus de 90%. Une mission accomplie par Salimane Karimou qui ne laisse personne indifférente. « Nous avons sur le plan histoirique, en 10 ans, fait un bon qualitatif de plus de 50 points . Qu’il vous souvienne qu’en 20216, le taux était de 39,26%. En 2025, nous sommes allés à 89, 81%. Un bon qualitatif de plus de 50 points, c’est à saluer », a déclaré Armand Kuyéma Natta lors du lancement des épreuves écrites de l’examen du Cep. Mais le nouveau ministre veut encore aller loin au-delà du taux et table sur la qualité du système éducatif.
N’a-t-il pas raison de vouloir la qualité à côté du compteur de pourcentage ? Que vaudrait à l’avenir un système éducatif qui produit des cadres aux compétences jugées médiocres ? Ou caracterisés par un désert de compétences, comme l’avait souligné l’autre ? De toute évidence, c’est bien conscient de cet enjeu crucial qu’Armand Kuyéma Natta fait aux compétences réelles. « La qualité va s’exprimer non pas en termes de taux mais dans leurs capacités à lire, à s’exprimer, à communiquer, à s’intégrer dans leurs milieux et surtout à être de bons citoyens. Donc au-delà du taux, nous visons la qualité du système éducatif », a expliqué lumineusement Armand Kuyéma Natta. Les leviers sur lesquels agir pour l’atteinye de cet objectif, il les a. C’est avant tout la vision. Ensuite, le leadership et les moyens pour mettre en œuvre cette vision. Le nouveau ministre a-t-il besoin de conseillers pour gagner le pari de garder la dynamique amorcée depuis 10ans sous Salimane Karimou, et lui donner sa propre orientation, celle tournée vers l’excellence pédagogique et citoyenne ? La réponse est non.
Mais une fois encore, le discours ne suffira pas. Et c’est la vérité qui s’impose a tous. Il faudra désarmorcer tout ce qui empêche de réaliser l’excellence pédagogique et citoyenne. À notre humble avis, la résolution de l’équation passe par, en grande partie, de la satisfaction de la plateforme revendicative des partenaires sociaux. Voilà la potion, que d’aucuns peuvent même qualifier de magique. Lorsqu’Armand Kuyéma Natta trouvera le leadership qui a toujours incarner pour convaincre le gouvernement qu’il est sur la bonne voie, tout ou presque tout rentrera dans l’ordre. Ce sera, à l’arrivée, mission accomplie également pour lui. Les dés sont jetés et à lui de les jouer.