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Ce mardi 21 avril 2026 à Parakou, le bâtiment Cheikh Anta Diop de Lasdel a abrité l’ouverture des Journées d’études scientifiques. Autour du thème « Savoirs médicaux et savoirs religieux endogènes », cette première journée a, après le lancement, été consacrée à des conférences, présentations et débats. Elle a connu la présence du directeur délégué de Lasdel, Professeur Emmanuel Sembieni ; du représentant des Praticiens Dunia Alafia du Bénin, Fataou Boni Seko ; du représentant du directeur départemental de la santé du Borgou, Cardinal Akpakpa ; du vice-recteur chargé de la coopération universitaire de l’Université de Parakou Alexis Abodohoui ; des docteurs, des participants en présentiel et en ligne ; et bien d’autres.
✍️ Fiacre Kéface DAKODOUI
C’est parti pour deux jours !
Après avoir salué les autorités administratives et traditionnelles, les partenaires, les donateurs, les participants en présentiel et en ligne, le professeur Emmanuel Sembieni a donné les objectifs de ces Journées d’Études Scientifiques. À l’en croire, elles visent à réfléchir sur la santé en général et principalement sur « les savoirs médicaux et les savoirs religieux endogènes ». Elle vise aussi, selon lui , à réaliser la vision des universités et laboratoires : à savoir faire échanger entre eux les chercheurs, afin de confronter les idées et d’aboutir à une conclusion scientifique enrichissante. Abordant les perspectives de ces journées, il a énuméré l’approfondissement des présentations par les critiques et les commentaires des pairs, la promotion de nouvelles thématiques, la promotion des collaborations entre équipes et partenaires, et enfin le rehaussement de la qualité de la production scientifique notamment en sciences sociales.

Après avoir salué les organisateurs pour cette belle initiative, Fataou Boni Seko, Président des Praticiens Dunia Alafia du Bénin, a relevé l’importance de ces journées. Pour lui, les savoirs médicaux endogènes sont le fruit d’une longue expérience, ancrés dans les cultures et adaptés aux réalités locales ; leur reconnaissance et leur intégration sont, à travers ces journées, essentielles pour atteindre une couverture de santé universelle en Afrique, notamment dans les zones rurales. Réitérant l’engagement de Dunia Alafia à coopérer afin de renforcer le dialogue entre médecins modernes et médecins traditionnels pour le bien-être social, il a lancé un appel à l’endroit des participants. « Que ces journées ne soient pas seulement un cadre d’échange théorique, mais le point de départ d’actions concrètes de partenariat durable et de politique inclusive », a-t-il laissé entendre.

Dans son allocution, le représentant du directeur départemental de la santé du Borgou a salué l’initiative qui vise à revaloriser la médecine traditionnelle en combinaison avec la médecine moderne pour une meilleure santé des populations en Afrique, surtout dans les milieux ruraux. À en croire Cardinal Akpakpa, les pratiques de soins mêlent biomédecine, religion et rituels au Bénin, quand bien même la période coloniale a tenté de séparer le médical et le spirituel. Vu que les patients naviguent entre hôpitaux et guérisseurs, il faut, selon lui, redynamiser les deux savoirs pour aboutir à des résultats pouvant sauvegarder la santé humaine. Représentant la direction départementale de la santé, il a réitéré l’engagement de l’institution à intégrer intelligemment les savoirs traditionnels dans les politiques de santé face aux défis comme les nouvelles églises prophétiques ou la Covid-19 car, selon lui, la santé relève autant de la culture que de la technique.

Pour Alexis Abodohoui, vice-recteur chargé de la coopération universitaire, la médecine traditionnelle, réalité sanitaire pour plus de 80 % des populations de la sous-région, reste marginalisée. C’est d’ailleurs pour cela que pour lui, le vice-rectorat chargé de la coopération entend jeter des ponts entre savoirs ancestraux et rigueur scientifique via trois axes prioritaires : la coopération Nord-Sud et Sud-Sud pour mutualiser les protocoles de recherche sur les phytomédicaments, l’alliance avec les tradipraticiens pour co-construire des bases de données, et le partenariat institutionnel avec l’OMS ou l’UNESCO. Son engagement porte sur la mobilité des jeunes chercheurs et la publication des actes pour transformer ces accords bilatéraux en actions concrètes. C’est sur ces mots d’engagement et de promesses qu’il a déclaré ouvertes les Journées d’études scientifiques.
Il faut reconnaître qu’une conférence inaugurale, des présentations et des débats ont animé cette première journée de réflexion entre les chercheurs. Entre échanges, confrontation d’idées, perspectives et propositions de solutions, ces journées annoncent des résultats scientifiques prometteurs au service du bien-être.