
Du 3 novembre au 7 décembre 2025, la sixième édition du Bénin Daabaaru Tour (Bdt) a sillonné les 12 départements du pays. Avec pour fil rouge la question « Paix, vivre-ensemble et développement : que proposent les candidats aux élections de 2026 ? », l’équipe a mené 64 entretiens et réalisé 4 grands reportages pour capter les réalités du terrain. Cette tournée de l’équipe du groupe de presse a permis de recueillir les problèmes, suggestions et nombreuses autres préoccupations sur toute l’étendue du territoire national.
✍🏾 Fiacre Kéface DAKODOUI
Le Bénin Daabaaru Tour est une initiative qui vise à se rapprocher de la population afin de connaître les problèmes auxquels elle est confrontée, ses suggestions à l’endroit des dirigeants et ses propositions de solutions.

Au cours de cette sixième édition, plusieurs problèmes ont été identifiés selon Maroufatou Kakpo, la Directrice Générale Adjointe du groupe de presse Daabaaru. Le dossier le plus brûlant reste la tension chronique entre agriculteurs et éleveurs. Les enquêteurs ont précisé les causes : l’absence ou le non-respect des couloirs de passage, l’occupation des points d’eau et des pâturages, et des pratiques risquées comme le pâturage nocturne ou confié à des mineurs. Face à cela, les solutions proposées sur le terrain sont directes : tracer et faire respecter strictement les couloirs de passage ; interdire formellement le pâturage nocturne et l’implication des mineurs ; encourager la sédentarisation des éleveurs.

Cette tournée a aussi permis de constater que l’accès des femmes au foncier reste un droit à concrétiser. Dans de nombreuses localités rurales, les femmes sont privées d’accès à la terre. L’enquête révèle un partage inéquitable des héritages, les contraignant à louer ou à emprunter des parcelles. Leur revendication est unanime : l’adoption d’une loi spécifique garantissant leur droit foncier pour briser cette inégalité structurelle.

Le Bdt a également montré que les rois, imams et acteurs de la société civile jouent un rôle capital dans la préservation du vivre-ensemble. À cet effet, lorsque de petits conflits émergent, les mécanismes traditionnels et communautaires permettent une résolution rapide. Leurs actions, conscientes de l’importance de la paix, servent de premier rempart avant un éventuel recours aux instances judiciaires.
De même, les maires et conseillers ont été questionnés sur leur bilan en matière de paix et de cohésion sociale, mais aussi sur leurs propositions pour 2026. Leurs réponses, en cours d’analyse, sont attendues comme un élément clé pour mesurer l’ambition des programmes à venir en matière de développement territorial.
Prenant la parole, Barnabas Orou Kouman, promoteur du groupe de presse Daabaaru, a remercié la direction de la police républicaine. Selon lui, après avoir accepté sa lettre d’accompagnement, celle-ci a déployé des officiers à chaque étape sur l’étendue du territoire national pour assurer leur sécurité. Il n’a pas manqué de remercier les partenaires techniques et financiers qui ont, de part et d’autre, contribué à la réussite de cette sixième édition du Bdt. S’adressant aux citoyens, il s’est dit reconnaissant d’avoir été bien reçu dans toutes les zones par les autorités traditionnelles, politico-administratives et par de nombreux citoyens.
C’est fait. La sixième édition du BDT a été un succès. Entre réussite et défis à relever, les regards sont désormais tournés vers la prochaine édition.