
Comme il est de coutume, le Forum Intelligentsia a abordé, lors de sa causerie hebdomadaire, une question stratégique pour le pays. Le dimanche 28 septembre 2025, les échanges se sont axés autour du thème : « L’énergie au cœur du développement accéléré du Bénin : les grands acquis du régime de la rupture ». Avec pour invitée Faridath Assouma, ingénieure en énergie et actrice politique de Parakou, cette séance a permis à de nombreuses personnes de découvrir les innovations, les résultats et les défis liés au domaine de l’énergie.
✍🏼 Fiacre Kéface DAKODOUI
Comprendre les réformes, leurs résultats et les défis à relever par le gouvernement dans le secteur de l’énergie, tel était l’objectif de ce débat.
Pour commencer, l’invitée a mis en lumière le rôle et la place de l’énergie dans un pays comme le Bénin. « L’énergie constitue un moteur essentiel sans lequel aucune action ou stratégie ne peut prospérer. Elle permet non seulement d’alimenter les industries et entreprises mais également de fournir de l’électricité pour les maisons, l’éducation, la santé, la communication, le transport,… » a-t-elle confié. Selon elle, le Bénin était confronté à plusieurs défis avant 2016, ce qui a entravé le développement industriel et affecté la vie quotidienne des citoyens. Interrogée sur les grands projets entrepris par l’actuel gouvernement pour relever ces défis, Faridath Assouma a relaté plusieurs exploits. La construction de la centrale électrique thermique de Maria-Gléta, celle de la centrale solaire Defissol à Pobè (25 MW), la finalisation de deux autres centrales solaires à Pobè (25 MW x 2), l’extension du réseau électrique dans les zones rurales avec un objectif d’accès universel à l’énergie en 2030, et bien d’autres, ont permis, selon elle, de répondre aux exigences du présent. « Ces différents projets ont eu des impacts positifs, augmentant l’accès à l’électricité tant en zones urbaines qu’en zones rurales », a-t-elle précisé. Ainsi, l’éclairage public dans de nombreuses localités a renforcé la sécurité des biens et des personnes.
Ces exploits sont le fruit de réformes institutionnelles. Parmi elles, on peut noter la création d’une autorité régulatrice indépendante, l’adoption de lois favorisant les investissements privés et l’amélioration des mécanismes de tarification pour garantir la viabilité financière des services énergétiques. L’indépendance énergétique devient donc une réalité au Bénin grâce à des progrès significatifs, la sécurisation de partenariats avec des fournisseurs extérieurs comme le Nigéria et le Ghana pour des importations fiables, et l’amélioration du système de fourniture aux consommateurs. L’énergie solaire, l’hydroélectricité et la biomasse pour la cuisson sont entre autres les énergies renouvelables actuellement disponibles au Bénin. C’est d’ailleurs pour ces réformes que Faridath Assouma qualifie ces actions d’exploits du gouvernement.
Malgré toutes ces avancées, plusieurs défis subsistent. L’absence d’amélioration dans la gestion des infrastructures existantes, la non-réduction des pertes techniques et non techniques, et le non-accès à l’électricité des couches vulnérables demeurent des défis auxquels le gouvernement doit réagir.
En tant qu’ingénieure, plusieurs actions telles que l’investissement dans les infrastructures, la formation de personnels qualifiés, l’encouragement de l’innovation dans les technologies énergétiques et la sensibilisation des populations aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique pourraient, selon elle, assurer la continuité de ces actions.
Ce débat initié par le Forum Intelligentsia de Dassa a permis aux participants de mieux comprendre les réformes ayant contribué aux avancées du Bénin dans le domaine de l’énergie. Puisque les défis à relever ne semblent être que quelques miettes au regard des réalisations déjà effectuées, cela prouve qu’avec cet élan, le Bénin pourrait s’imposer dans la sous-région en matière d’énergie.