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Alors que les musulmans du monde entier observent le jeûne du Ramadan, une crise internationale majeure vient assombrir cette période de spiritualité : la guerre en Iran. Entre flambée des prix, insécurité alimentaire et inquiétudes sociales, ce conflit aux répercussions mondiales pèse lourdement sur le quotidien des populations dans le monde, y compris en Afrique.
Houzéifatou MOUSSA (Stg)
Une flambée des prix qui fragilise les ménages. Depuis le déclenchement des tensions impliquant l’Iran, le marché mondial de l’énergie connaît de fortes perturbations. Le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, est au cœur des inquiétudes.
Cette situation entraîne également une hausse du prix du carburant et, par ricochet, une augmentation du coût du transport et des denrées alimentaires. Dans plusieurs pays africains, dont le Bénin, les produits de base comme le riz, l’huile ou le sucre deviennent de plus en plus difficiles à acheter. En pleine période de Ramadan, marquée par une consommation accrue pour la rupture du jeûne (iftar), cette inflation réduit considérablement le pouvoir d’achat des familles.
Ramadan : entre spiritualité et préoccupations économiques
Traditionnellement, le Ramadan est un moment de partage, de solidarité et de générosité. Les familles se réunissent, les dons aux plus démunis (zakat) se multiplient, et les repas communautaires rythment les soirées. Mais cette année, la réalité est toute autre. Dans plusieurs foyers, les dépenses sont réduites au strict minimum. Les repas deviennent plus simples, et certaines familles peinent même à assurer un repas complet pour rompre le jeûne.
Une crise humanitaire qui s’aggrave.
Au-delà des aspects économiques, la guerre en Iran entraîne des conséquences humanitaires importantes. Dans les zones directement ou indirectement touchées, des milliers de personnes sont déplacées, avec un accès limité à la nourriture, à l’eau potable et aux soins.
Des organisations internationales alertent sur une aggravation de l’insécurité alimentaire à l’échelle mondiale. Des millions de personnes risquent de basculer dans la faim, rendant le jeûne du Ramadan encore plus éprouvant pour les populations vulnérables.
Un impact mondial jusque dans les foyers africains
Bien que géographiquement éloigné, le conflit affecte directement les économies africaines. La dépendance aux importations rend des pays comme le Bénin particulièrement sensibles aux fluctuations des marchés internationaux. La hausse du carburant impacte le transport urbain, le prix des marchandises, le coût de la vie en général. Résultat : même sans être en zone de guerre, les populations subissent les effets du conflit dans leur quotidien.
Entre résilience et adaptation
Face à cette situation difficile, les populations s’adaptent. Certains privilégient des repas plus modestes, d’autres renforcent les solidarités locales pour venir en aide aux plus démunis. Malgré les difficultés, l’esprit du Ramadan demeure. Dans les mosquées comme dans les foyers, les prières se poursuivent, portées par l’espoir d’un retour à la paix.
La guerre en Iran rappelle à quel point les conflits internationaux peuvent avoir des répercussions profondes et inattendues sur la vie quotidienne, même à des milliers de kilomètres. En dehors de la foi, résilience et difficultés économiques, des millions de fidèles vivent un jeûne marqué non seulement par la spiritualité, mais aussi par les défis d’un monde en crise.