
Omniprésents dans la vie des jeunes, les téléphones portables s’invitent désormais jusque dans les salles de classe. À Parakou, malgré leur interdiction formelle dans les établissements publics et privés, leur usage par les élèves ne cesse de progresser. Entre sanctions, tolérance et enjeux pédagogiques, la question divise toujours autant.
Un phénomène en constante progression
Dans plusieurs collèges de Parakou notamment le Ceg 4 Titirou, le Ceg Hubert Maga et bien d’autres, le téléphone portable est devenu un objet indispensable pour la majorité des apprenants. Et ce, en dépit des consignes affichées à l’entrée des établissements, stipulant qu’il est interdit d’y introduire un portable, même éteint. Les observations montrent que le phénomène prend de l’ampleur de jour en jour. Les administrations oscillent entre fermeté et impuissance, tandis que parents et enseignants peinent à trouver la meilleure posture face à cette réalité grandissante.
Un outil aux potentialités pédagogiques
Pour certains enseignants, le smartphone dépasse aujourd’hui son statut de simple distraction. Il représente aussi un support d’apprentissage riche. Grâce à l’internet, les élèves accèdent rapidement à des dictionnaires, articles, vidéos explicatives ou ressources documentaires. Les applications éducatives, les exercices interactifs et les plateformes collaboratives transforment, dans certains cas, le téléphone en un véritable assistant pédagogique.
Une source de distraction difficile à contenir
L’usage non encadré du téléphone en classe entraîne toutefois de multiples dérives. Les réseaux sociaux : Facebook, WhatsApp, Messenger, TikTok, Snapchat sollicitent constamment l’attention des apprenants. Notifications, messages et contenus en tout genre perturbent le déroulement des cours et fragilisent la concentration. De plus, des phénomènes préoccupants comme le cyberharcèlement, le partage d’images sans autorisation (entre élèves ou parfois d’enseignants), ou encore la diffusion de contenus inappropriés se multiplient. Ces pratiques mettent en lumière les risques liés à une présence incontrôlée du smartphone dans les espaces scolaires.
Des conséquences visibles sur les apprenants
Des enseignants signalent également des comportements inappropriés ou des pressions liées aux performances scolaires, dont le phénomène inquiétant des ‘’Notes Sexuellement Transmissibles (Nst)’’. Selon plusieurs acteurs du système éducatif, la prolifération du téléphone en classe participe à la baisse du rendement scolaire : discussions parallèles, leçons non suivies, devoirs bâclés… Le smartphone apparaît comme un sérieux concurrent pour l’enseignant. Les relations entre élèves s’en trouvent parfois altérées, influençant directement leur climat social et leurs résultats académiques.
Quelles solutions pour l’avenir ?
Pour l’instant, les écoles de Parakou et du Bénin en général maintiennent l’interdiction stricte du téléphone portable. Mais une question demeure : Faut-il continuer dans la voie de la prohibition ou réfléchir à une intégration contrôlée et pédagogique du smartphone ? Le débat reste ouvert et appelle une réflexion collective entre parents, enseignants, autorités éducatives et élèves.
Boukounla Phillippe ASSOU (Stg)