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L’Association des Journalistes exerçant dans le Septentrion du Bénin (AJS-B) n’est pas restée en marge de la célébration de la 33ᵉ édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Les manifestations se sont déroulées dans les locaux de Trans World Radio à Sirarou, dans la Commune de N’Dali, le 3 mai 2026. Cette célébration a été ponctuée de trois communications de haut niveau, réaffirmant l’engagement de l’association pour une presse professionnelle, responsable et plus productive au service des populations du nord du Bénin. La cérémonie s’est tenue en présence de la troisième adjointe au maire de Parakou, Adizatou Arouna, du Président de l’AJS-B Albérique Houndjo, du directeur régional Borgou-Alibori de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) Donatien Djegle, du Chef d’arrondissement de Sirarou, Alidou Tamou Orou Yorou. La présence de ces différentes personnalités témoigne de l’ancrage de l’AJS-B dans le tissu institutionnel et communautaire de la région.
Intelligence artificielle pour plus de productivité
La première communication, animée par Gaston Yamaro, a ouvert les réflexions sur le thème : « Médias et intelligence artificielle : opportunités, défis et responsabilités ». Le communicateur a fait un zoom sur les bouleversements que l’IA introduit dans les pratiques journalistiques. Il a mentionné notamment l’automatisation de la production de contenus, l’aide à la vérification des faits, la personnalisation de l’information, ou encore la détection des discours de haine. Par ailleurs, Gaston Yamaro a mis en garde contre les dérives. La prolifération des contenus générés par l’IA, les deepfakes, la désinformation algorithmique et le risque de déshumanisation du journalisme constituent autant de menaces que les professionnels des médias doivent apprendre à identifier et à contrer. Gaston Yamaro a, pour finir, fait savoir que l’intelligence artificielle est un outil puissant, mais qu’il revient au journaliste d’être vigilant en utilisant son éthique, son sens critique et sa connaissance du terrain.

Médias et forces de sécurité : construire une relation de confiance
La deuxième communication a abordé un sujet souvent source de tensions : la collaboration entre médias et forces de défense et de sécurité. Joël Féliho, assistant du Directeur départemental de la Police républicaine du Borgou, a livré une réflexion nuancée et constructive sur les conditions d’une coopération saine entre journalistes et forces de l’ordre. Il a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent, fondé sur la confiance mutuelle et le respect des rôles de chacun. Les médias, garants de l’information du public, et les forces de sécurité, garantes de l’ordre et de la protection des citoyens, partagent in fine un même objectif : celui du bien-être des populations. Cette convergence d’intérêts, a-t-il souligné, doit primer sur les incompréhensions qui naissent trop souvent de l’absence de communication entre les deux parties.
Les professionnels des médias ont également eu droit à une brève présentation sur la spécialisation journalistique comme levier de professionnalisation. Les journalistes ont été invités à investir des domaines de compétence précis tels que la santé, l’agriculture, la justice, l’économie, l’environnement, plutôt que de rester des généralistes de surface.
Au terme de ces échanges riches et variés, la journée du 03 mai 2026 aura été bien plus qu’une simple commémoration pour l’AJS-B. Pour le Président de l’AJS-B, Albérique Houndjo, elle a été un moment de formation, de réflexion collective et de renouvellement des engagements professionnels. À travers le choix de ses thématiques, résolument ancrées dans les réalités et les défis contemporains du métier, l’association a confirmé sa vocation d’être un acteur de référence pour la promotion d’un journalisme de qualité au service des communautés du nord du Bénin.
Cel-Com/AJS-B