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Depuis sa prise de fonction en septembre 2024, le directeur du collège d’enseignement général (CEG) Malanhoui dans la commune de Porto-Novo, Jules Vodounon, a engagé une série de réformes visant à renforcer la transparence et l’objectivité dans les évaluations scolaires. Deux innovations majeures retiennent l’attention : l’anonymat des copies et le mélange des classes lors des compositions.

Selon le directeur, l’instauration de l’anonymat de la sixième à la terminale répond à une exigence d’équité. « Le professeur ne doit pas connaître l’élève à l’avance afin d’apprécier uniquement le contenu de la copie, sans influence liée au niveau supposé ou à des antécédents », explique-t-il. Les copies sont ainsi identifiées par des numéros de table attribués aux élèves, pour garantir une correction impartiale.

Une autre réforme notable est le brassage des élèves pendant les évaluations. Cette organisation, qui rompt avec le schéma classique par classe, vise à responsabiliser chaque apprenant. « L’objectif est que la note reflète réellement les efforts personnels de l’élève, sans dépendre de son voisin », souligne le chef d’établissement. S’il reconnaît quelques contraintes notamment la présence occasionnelle de frères ou sœurs dans une même salle, l’administration affirme travailler à en limiter les effets. Mais, avons-nous observé des changements dans le comportement et le sérieux voire le rendement scolaire des élèves ?
Le directeur nous rassure. Les premiers résultats sont encourageants. La direction observe une nette amélioration du sérieux et de l’engagement des élèves, malgré certaines tentatives de contournement du dispositif. « Cela prouve que le système est efficace pour évaluer le vrai niveau des apprenants », estime le directeur.
À l’endroit des parents, Jules Vodounon lance un appel à l’accompagnement. Il rappelle l’existence d’une semaine de révisions générales précédant les compositions, accessible à tous les élèves, et insiste sur l’égalité des chances, indépendamment des moyens financiers. « Le minimum nécessaire notamment un cadre propice à la maison suffit pour permettre à l’enfant de réussir », assure-t-il.
Ces réformes, saluées par la communauté éducative, traduisent une volonté claire d’élever le niveau académique et de former des élèves compétents et responsables. Une expérience du CEG Malanhoui qui pourrait inspirer d’autres établissements à travers le Bénin.
Stanislas HOUNSOU