
À Tanguiéta, le climat politique demeure sous tension, depuis l’installation boycottée du du conseil communal. La désignation de Aboubacar Noma au poste de maire, sous la bannière de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), continue de susciter une vive contestation interne, révélant un profond malaise au sein de la majorité politique locale. 11 sur 12 conseillers de son propre parti politique, l’ont renié. Une situation plutôt complexe.
Selon un communiqué signé le 16 février 2026, les 11 conseillers titulaires et 12/12 suppléants du parti dénoncent un choix qu’ils jugent en décalage total avec l’expression de la majorité et qui pourrait fragiliser ma gestion de la commune. Les signataires affirment représenter « 23 élus sur 24 » opposés à la désignation du maire, qu’ils considèrent comme un choix imposé et non consensuel, en contradiction avec l’esprit démocratique interne du parti.
Une fronde politique inédite
La contestation se distingue par son ampleur. Parmi les signataires, onze conseillers communaux sur douze auraient boycotté la séance d’installation déjà le dimanche 15 février dernier, un geste fort qui traduit la profondeur de la fracture. Pour ces élus, la priorité reste la défense de l’intérêt général et la préservation de la cohésion locale, qu’ils estiment aujourd’hui menacées par une décision prise sans adhésion majoritaire.
Dans leur déclaration, ils dénoncent également les tentatives d’« ethnicisation » du débat sur les réseaux sociaux, appelant à ne pas détourner leur démarche de son objectif initial qui est de faire respecter la volonté politique exprimée en interne. Ils insistent sur le caractère pluraliste de leur position, rappelant que les élus opposés à la nomination proviennent des cinq arrondissements de la commune et de différentes sensibilités.
Un appel à l’arbitrage de la direction nationale
Face à l’impasse, les élus concernés ont saisi la Haute Direction Politique du parti, espérant un arbitrage capable de restaurer la sérénité et la cohésion à Tanguiéta. Leur appel se veut à la fois politique et institutionnel. Ils exhortent la direction à privilégier un choix rassembleur, fondé sur le consensus et la légitimité interne, afin d’éviter une crise durable dans la gouvernance communale.
Au-delà de la querelle partisane, l’enjeu est désormais celui de la stabilité politique et administrative de la commune. Pour de nombreux observateurs, la persistance d’un maire contesté par l’écrasante majorité de son propre camp pourrait fragiliser l’action publique locale et ralentir les initiatives de développement attendues par les populations.
Une crise révélatrice des choix mitigés des leaders locaux du parti
Cette situation met en lumière les tensions qui peuvent naître lorsque les mécanismes de concertation interne sont perçus comme insuffisants. Elle pose surtout la question de la légitimité politique dans la gestion des collectivités locales. Un choix peut-il s’imposer durablement sans l’adhésion de la majorité des élus ? À Tanguiéta, la réponse dépendra désormais de la capacité de la direction politique à entendre le signal envoyé par sa base. Car derrière la contestation d’un homme, c’est bien la revendication d’une gouvernance plus inclusive et consensuelle qui s’exprime aujourd’hui.
La Rédaction